| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||

Après l’indépendance du Kosovo en début de semaine, un nouvel évènement vient tourner une page du XXème siècle. Le dirigeant cubain, Fidel
Castro, a annoncé mardi 19 février qu’il renonçait à la présidence, après quarante-neuf années au pouvoir. « Je vous informe que je n'aspirerai ni
n'accepterai, je répète, que je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef », a-t-il écrit dans une annonce publiée par le quotidien
officiel du régime, Granma. Cette déclaration met fin à plus d’un an d’incertitude gouvernementale. Au pouvoir depuis la révolution castriste de 1958-1959 qui l’avait amenée à destituer le
président de l’époque, Fulgencio Batista, Fidel Castro avait dû déléguer ses pouvoirs à son frère, Raul, suite à une attaque cardiaque qui avait nécessité une intervention chirurgicale et une
longue période de repos.
C’est d’ailleurs le frère du Lider Maximo qui a été désigné sans grande surprise pour lui succéder à la tête de l’Etat. C’est ce qu’a décidé, dimanche 24 février, le Parlement fraîchement élu, réuni pour désigner un nouveau dirigeant ainsi que les membres du Conseil d’Etat, plus haute instance du pouvoir exécutif du régime communiste cubain. Agé de 76 ans, l’ancien ministre des armées est le mieux à même de reprendre les rênes de l’Etat selon Fidel. Celui-ci s’est déjà affirmé comme un réformateur, capable de donner un nouveau visage à la révolution cubaine. "Je profite de l'occasion pour exprimer à nouveau notre disposition à résoudre autour d'une table de négociations le différend prolongé entre les Etats-Unis et Cuba, sur des principes d'égalité, de réciprocité, de non-ingérence et de respect mutuel", avait-il déclaré.
La déclaration du grand dirigeant cubain a été favorablement accueillie dans les pays occidentaux. Paris espère que le départ de Fidel « ouvrira la voix à plus de démocratie dans le pays ». Les Américains quant à eux sont soulagés de voir le chef d’un Etat qui leur tient tête depuis près de cinquante ans abandonner le pouvoir. Certains élus demandent même la levée de l’embargo imposé à l’île depuis l’échec du débarquement américain dans la baie des cochons et la crise des missiles de 1962. Le candidat à la primaire démocrate, Barack Obama, a par ailleurs affirmé sa volonté toute particulière de relancer le dialogue avec Cuba si il était élu.
Sur l’île, les réactions sont mitigées. Même si tous les insulaires et les cubains immigrés
s’accordent sur le fait qu’une période relativement sombre de l’Histoire de Cuba se tourne, tout le monde redoute un « effet Poutine ». Hugo
Chavez, président vénézuélien et grand ami de Fidel Castro s’est exclamé « Quelle renonciation ? Fidel n’a renoncé à rien. » Le
président de la Commission cubaine pour les droits de l’Homme et la réconciliation nationale (non reconnue par l’Etat), Elizardo Sanchez, explique que Fidel Castro « a renoncé à cinq ans supplémentaires de pouvoir formel, mais n’a pas perdu la main. » En demeurant à la tête du Parti communiste cubain, Fidel Castro reste
en effet, selon la Constitution, au dessus de l’Etat et de la société.
Photo : Le nouveau président cubain, Raul Castro (à gauche), 76 ans à coté de son frère aîné, Fidel Castro, 81 ans.
Aucun commentaire pour cet article