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Le calme est revenu, mardi 18 mars, à Lhassa, la capitale du Tibet. Mais ce n’est qu’une apparence. La présence de chars chinois stationnés
au milieu des rues témoigne des violences perpétrées contre la population tibétaine. La ville est désormais en état de siège. Dans tous les quartiers la loi martiale et le couvre feu sont
rigoureusement appliqués par la police, les paramilitaires de la Police armée populaire (PAP) et « l’armée populaire de libération ».
Mais libération pour qui ? Vendredi 14, des manifestants, menés par des moines bouddhistes, protestaient contre l’oppression chinoise. Le saccage du marché de Trompsikhang et des commerces chinois han, l’ethnie majoritaire en Chine, a contribué à mettre le feu aux poudres sur le toit du monde. A l’instar du pays voisin, la Birmanie, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur les manifestants. Le gouvernement tibétain en exil en Inde a dénoncé la mort d’une centaine de manifestants, alors que Pékin n’en déplore qu’une dizaine.
Il semble que le gouvernement communiste dicte sa volonté d’une main de fer. La région a été fermée aux touristes. Tous les médias ont été expulsés à l’exception de la télévision officielle chinoise, qui diffuse sur toutes les chaînes des images de la répression, participant encore un peu plus à cette terrifiante démonstration de force. « Ces troubles ont été fomentées et organisées par la clique du dalaï-lama dans le but de saboter les Jeux olympiques de Pékin », selon le chef d’Etat chinois, Hu Jintao, réélu samedi dernier. A seulement cinq mois de la grande compétition internationale qui doit se dérouler à Pékin du 8 au 24 août, le gouvernement communiste redoute « toutes formes de séparatisme ».
La Chine, qui avait montré ces derniers temps en créant son premier ministère de l’environnement bute toujours sur la question des droits de l’homme. Le Dalaï-Lama, chef spirituel Tibétain, en exil en Inde depuis 1949, justifient les manifestations par « un profond ressentiment » des Tibétains à l’égard du pouvoir chinois. Il appelle toutefois la Chine à cesser ses représailles et laisse planer le doute sur une éventuelle démission dans les jours à venir. Il redoute également que le conflit ne s’envenime entre le Tibet et Pékin, répétant l’épisode de vendredi dernier, le plus sanglant depuis les répressions de 1989.
La communauté internationale appelle, quant à elle, au calme. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, "exhorte" Pékin à la "retenue" tout en appelant "toutes les parties à éviter de nouvelles confrontations". Ce message s’adresse essentiellement aux communautés tibétaines des pays limitrophes qui accourent vers la Chine intensifier le poids des revendications. Mais ce sont surtout les ONG de protection des droits de l’Homme qui encouragent à entreprendre des actions pour sanctionner le régime de Pékin. Human Rights Watch et RSF encouragent un boycott politique des Jeux, conscients qu’il est utopique de demander aux athlètes de ne pas se rendre à Pékin à 5 mois des premières épreuves. « Comme tous les chefs d'Etat et de gouvernement, Nicolas Sarkozy, devrait boycotter la cérémonie d'ouverture pour envoyer un signal fort », estime Robert Ménard, président de RSF.
L’instance organisatrice des Jeux Olympiques souhaite que les athlètes arborent des badges de soutien Tibet. "Cela aurait un impact considérable", estime le sénateur Français, Robert
Badinter. L’objectif désormais n’est pas de boycotter les JO de Pékin, mais de mettre à l’index le régime chinois pour l’encourager à prendre des mesures allant vers plus de respect pour les
droits de l’Homme.
Source photo : le nouvel observateur