
Le résultat est tombé sans surprise : Gérard Larcher est le nouveau président du Sénat. Elu mercredi 2 octobre à la majorité
relative, il a su évincer ses rivaux pour s’affirmer comme candidat officiel de l’UMP et, de façon plus large, de toute la droite. Sa victoire en primaire sur l’ancien Premier ministre,
Jean-Pierre Raffarin, le retrait à la dernière minute de l’UMP Alain Lambert, sénateur de l’Orme et ancien ministre des Finances qui s’était présenté en indépendant et l’absence de candidat
centriste ont laissé le socialiste, Jean-Pierre Bel, seul en lice face au favori de cette élection. Pas difficile dès lors d’imaginer l’issue du vote dans une chambre acquise de réputation à la
majorité : 173 voix contre 134 pour le héraut de la droite.
A 59 ans, rien ne semble arrêter M. Larcher dans sa carrière politique. Maire de Rambouillet depuis 1983 il a successivement occupé
les postes de sénateur des Yvelines et de ministre du Travail dans les gouvernements Raffarin et Villepin avant d’adopter le titre honorifique de « deuxième homme de France ». Il aura
pour tâches principales pendant trois ans de diriger et représenter le Sénat auprès des autres institutions. En cas de décès, de démission ou d’empêchement du président, il assure la continuité
de la République pendant 50jour, le temps d’organiser de nouvelles élections. Le cas c'est produit deux fois durant la Ve République : lors de la démission du général de Gaulle (1969) et à la
mort de Georges Pompidou (1974). Dans les deux cas, l'intérim a été assuré par Alain Poher. Il désigne enfin nombre de membres de conseils et d’autorités dont trois des neufs membres du Conseil
constitutionnel.
Les nouveaux pouvoirs de Gérard Larcher ont toutefois subi une perte d’autorité. Il devra d’abord répondre aux critiques faites sur le
train de vie fastueux du Sénat, suite au scandale de l’appartement de 200m² détenu par Christian Poncelet, son prédécesseur. Le renouvellement du tiers du Sénat a aussi redéfini le rapport de
force dans l’hémicycle. Fort d’avoir gagné vingt et un sièges, le PS et les communistes ont réclamé l’attribution de deux postes de vice-président pour le PS et d’un poste de vice-président
pour les communistes. Ces postes devraient être élus le 7 octobre. Le Sénat ne fait donc plus figure de bastion de la droite et la perspective d’un basculement à gauche lors du prochain
renouvellement en 2011 n’est d’ores et déjà plus à exclure.
Source photo : le Monde
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