Diary of the Dead : Chronique des morts vivants ... et critique des médias

Publié le par Romain


            A en croire la longue liste des films sorties cette année, 2008 semble être envahit pas les zombies. Mais quand le maître du genre s’en mêle, il frappe fort et ça fait mal. Diary of the Dead : Chronique des morts vivants montre les images tournées par des cinéastes apprentis qui tentent d’échapper à une horde de morts vivants déterminé à exterminer toute l’humanité. Caméras embarquées, ces reporters improvisés veulent nous présenter des évènements inédits, miroirs de la « Réalité ».

            Depuis La nuit des morts vivants (1970) qu’il avait tourné comme un film de série B avec des amis et qui l’a fait sortir de l’ombre, George Andrew Romero s’est spécialisé dans les films de zombies. Diary of the Dead est le cinquième opus de la saga après Zombie (1983), Le jour des morts vivants (1986) et Land of the Dead (2005). Passion du réalisateur pour le gore d’outre tombe ? Pas seulement. A travers ses films sanguinolents, George A. Romero se fait le chantre du coté obscur d’une Amérique paranoïaque.

            C’est d’ailleurs là la force du film. Après [Rec] et Je suis une légende, difficile de trouver l’originalité dans le scénario du Michael Moore du gore. La technique de caméra embarquée n’est pas, non plus, une surprise après le succès de Cloverfield. Mais dernière cette histoire réchauffée se dégage une problématique contemporaine. Voyeurisme, devoir d’information, sensationnalisme,… George A. Romero invite le spectateur à réfléchir sur le sens de la multitude d’images diffusées et relayées chaque jour dans les médias. « Je pense que les médias, au lieu de nous donner de l'information brute, ne cessent de l'interpréter et de la déformer. », a déclaré le réalisateur.

           Avis donc aux journalistes, actuels et futurs ! Comment différencier information utile et information superflus ? Un évènement montré a-t-il une vérité informative ? Le réalisateur s’attaque brillement au « Tout journalistique », à l’information jusqu’au-boutiste, à l’interprétation forcenée. « C'est effrayant comment on peut faire croire n'importe quoi à n'importe qui avec un beau site et de belles promesses. », commente Romero.

            Après ce coté polémique qui lui a fait obtenir le prix de la critique au Festival de Geradmer, Diary of the Dead demeure un film d’horreur distrayant. Et malgré des morts vivants trop peu crédibles, voire ridicules, on arrive facilement a rentrer dans le film. Les effets de surprises sont bien présents, le jeu des acteurs bon pour le travail demandé. Romero affiche un bilan plutôt positif pour un film réalisé en seulement 23 jours. Quant à créer un sixième opus dans la saga des morts vivants, le réalisateur y songe fortement. Ce dernier serait axé « sur la religion et les relations tribales ».


Source image : allocine.fr
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Publié dans Médias

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V
Chez Romero, c'est bien souvent théorique avant d'être formel. Mais ici, à concilier les deux, il se fourvoie dans le compromis et se perd à la fois dans son argumentation et dans son réciy.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Peut-être bien le plus laborieux des films de Romero, "Diary of the Dead" comporte toutefois son lot d'images fortes (comme la piscine servant de "tombeau" aux zombies) ou de réflexions intéressantes (le final est d'ailleurs assez grandiose).<br /> <br /> Comme beaucoup, j'ai tout de même un peu regretté la voix-off omniprésente qui alourdit plus le film qu'autre chose ; le spectateur n'avait pas vraiment besoin qu'on lui mâche le travail à ce point.<br /> <br /> Sinon, ça reste surtout une formidable parodie d'un genre qui peine à se renouveler (si on excepte "Shaun of the Dead" et "28 semaines plus tard") et un film d'horreur des plus recommandables.<br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> Shin.
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E
Excellente critique mon cher !!! ça donnerait presque envie d'aller le voir, malgré mon horreur pour les films d'horreur. Est-ce que Romero donne un côté intello à tous les films de la saga, ou il s'est donné plus de mal pour celui là?
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