Le tour du monde en 84 jours

Debout sur la proue de son monocoque deux fumigènes rouges dans chaque main.C’est avec le sourire et le visage radieux que Michel Desjoyeaux a franchi, dimanche 1er février à 16h11, la ligne d’arrivée du Vendée Globe. Parti le 9 novembre dernier, il a réussi l’exploit de boucler le tour du monde à la voile et en solitaire en seulement 84 jours, 3 heures, 9 minutes et 8 secondes. Une double victoire pour le marin qui pulvérise le précédent record, établi à 87 jours 10 heures et 47 minutes, détenu par Vincent Riou lors de l’épreuve 2004-2005.
Pourtant, rien ne semblait favoriser le skipper, parti avec 24h de retard. Une fuite d’eau sur un ballast, risquant de provoquer un court circuit électrique, l’a contraint à revenir au port de départ. Le « professeur », comme on le surnomme dans le milieu, a donné une véritable leçon à ses concurrents. Avec une vitesse moyenne de 12,30 nœuds, le monocoque Foncia a littéralement dévoré les 24 840 milles nautiques (46 000 kilomètres) de l’épreuve. Une performance qui s’explique par l’expérience. Le skipper finistérien du port de La Forêt-Fouesnant avait déjà remporté la course en 2001. Mais quand on l’interroge, « il a l’habitude de dire que le Vendée Globe se gagne à 80% avant la course. Le reste, c’est un peu le facteur chance », explique Frédéric Caillé, responsable chez PRB et ex-sponsor de Michel Desjoyeaux.
La chance, il en aura eut. Alors qu’il remonte tranquillement le canal des Sables d’Olonnes devant 100 000 personnes venus l’acclamer, Roland Jourdain et Armel le Cléac’h se disputent la seconde et troisième place, à respectivement 1 355 milles et 1 645 milles du but. Ce soir, Michel Desjoyeaux dormira dans son lit, sur le plancher des vaches. Mais, avant ça, il va réaliser un désir qui le tiens depuis 3 mois de vie solitaire : « manger un bon steak ».
Source photo : Ouest France