Un nouveau président pour l’Egypte.
Il aura fallut un peu plus d’un an à l’Egypte pour retrouver un semblant de stabilité politique. Le Frère musulman, Mohamed Morsi a remporté, dimanche 24 juin, l’élection présidentielle égyptienne. Il a obtenu 51,73% des voix contre 48,27% pour Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak. Agé de 60 ans, cet ingénieur diplômé d'une université américaine devient le premier islamiste à accéder à la magistrature suprême en Egypte et le premier président élu depuis la chute de Hosni Moubarak, le 11 février 2011.
Rapidement, la victoire du Frère musulman a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où plusieurs milliers de partisans ont crié "Allah akbar" -Dieu est le plus grand- et lancé des feux d'artifice. « Je suis le président de tous les Egyptiens sans exception », a promis M. Morsi dans son premier discours à la nation en tant que président élu, quelques heures après l'annonce officielle de sa victoire par la commission électorale. « L'unité nationale est le seul moyen de sortir de ces temps difficiles. »
M. Morsi qui a affirmé pendant sa campagne être le candidat de la « révolution », a commencé son discours par un hommage aux quelque 850 personnes tuées pendant le soulèvement. Il faut que la « révolution continue jusqu'à la réalisation de tous ses objectifs », a-t-il dit. Le président élu s'est aussi engagé à « préserver les traités et chartes internationaux » signés par l'Egypte. Parmi les principaux engagements internationaux du pays figurent les accords de paix avec Israël conclus en 1979.
Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, l'instance qui dirige le pays depuis la chute de M. Moubarak, a adressé ses félicitations au nouveau président. Après la déception, le camp adverse a adressé un message de félicitation au nouveau président dans lequel il lui souhaite du « succès dans la tâche difficile que lui a confiée le peuple égyptien ».
Une faible marge de manoeuvre
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a été le premier à féliciter le nouveau président égyptien. « C'est une nouvelle ère qui s'ouvre en Egypte. Il s'agit d'un revers pour le programme de normalisation et la coopération sécuritaire avec l'ennemi israélien ». De son coté, l’Iran a salué l'une des dernières étapes du « Réveil islamique ». « Le mouvement révolutionnaire du peuple égyptien (...) est dans la phase finale du 'Réveil islamique' qui va ouvrir une ère nouvelle au Proche-Orient ». Via un communiqué du Bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Israël a de son côté rendu hommage au « processus démocratique » et dit « respecter les résultats de l’élection présidentielle », en annonçant qu'elle souhaite poursuivre sa coopération avec Le Caire sur la base du traité de paix signé en 1979 par les deux pays.
En Europe, les dirigeants ont félicité chacun à leur tour Mohamed Morsi, tout en restant prudents. François Hollande a salué la victoire du nouveau président et affirmé que la France « soutiendra l'Egypte dans les instances européennes et internationales ». Le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi voit dans cette élection une « preuve de démocratie » en Egypte. Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a lui appelé Mohamed Morsi à respecter les droits des Egyptiens après avoir d'abord annoncé: « Je les félicite pour ce résultat et pour ce processus pacifique ». Washington a appelé l’Egypte à rester un « pilier de la paix dans la région ». « Nous pensons qu'il est important que le président élu Mohamed Morsi prenne en ce moment historique des mesures pour faire avancer l'unité nationale en consultant tous les partis sur la formation d'un nouveau gouvernement », indique un communiqué de la Maison Blanche.
Fort d'une légitimité acquise dans une élection où les Egyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le chef de l'Etat disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite face au Conseil militaire. Depuis la dissolution de la chambre des députés dominée par les islamistes, l'armée s'est en effet octroyée le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l'élaboration de la prochaine Constitution.Toute réforme restera donc, jusqu'à l'élection d'une nouvelle Chambre des députés à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a promis de remettre le pouvoir exécutif au nouveau président avant la fin du mois.
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