Watchmen, les gardiens

S’il fallait juger la qualité d’un film par rapport à son exposition médiatique, Watchmen, les gardiens serait certainement la meilleure réalisation de l’année. La semaine précédant sa sortie, les affiches ont fleuri en pleine page dans les journaux, sur les bus et dans le métro. Les super-héros aux combinaisons originales, parfois inquiétantes ont aussi envahi les ondes. Après une telle promotion, on attend au moins un film qui en vaut quatre. Et c’est le cas.
2h30. Il n’en fallait pas moins pour nous plonger dans l’univers étrange mais bien fidèle au roman graphique, célèbre aux Etats-Unis mais totalement inconnu de ce coté de l’océan. Nous sommes en 1985, la guerre froide est loin d’être terminée. Un conflit nucléaire entre l’URSS et les Etats-Unis est imminent. Dans un New-York rongé par la criminalité, une communauté de citoyens s’unie pour prêter main forte à la police. Mais dans un monde qui court inexorablement à sa perte, difficile d’être un justicier bien propre sur soi.

Loin de l’image sophistiquée des super-héros quasi-invincible, les Watchmen sont torturés, violents et parfois faibles. Le casting, inconnu, ne fait pas des miracles. Mais on notera la prestation de Jackie Earle Haley en sociopathe sanguinaire et pondéré. Son apparition à l’écran sous la cagoule de Rorschach donne le frisson à chaque fois. Jeffrey Dean Morgan se distingue également sous les traits du Comédien, combattant égoïste et cynique.
On retrouve la signature de Zack Snyder, réalisateur de 300. Le film commence, à la Sin City, par une enquête dans les rues aux couleurs criardes de la ville. A première vue, difficile d’appréhender l’historique des Watchmen. Des justiciers rangés et casaniers, on ne s’attend pas à ça. Avec la sortie des combinaisons en latex moulantes et l’arrivée de combats violents à la X-men, Spiderman ou encore Batman, le spectateur retrouve vite ses repères. Le ralenti à la Max Payne donne du rythme à l’ensemble. La pression monte jusqu’au dénouement. On regrettera pourtant une fin peu originale pour un film de science-fiction. Will Smith et Shia LaBeouf l’ont déjà fait dans I-Robot et L’œil du mal. Watchmen, les gardiens aura pourtant réussi le pari de proposer une version un peu moins lisse des super-héros. Il était temps.
Source images et vidéo : allocine.fr