Étudiants et lycéens dans la rue

Publié le par RD


La réforme des lycées et de l’enseignement supérieur suscite de vives réactions parmi les étudiants et lycéens français. Ils ont fait entendre leur voix, mardi, lors de leur première manifestation depuis la rentrée scolaire.

« Résistance, résistance ! » Les slogans de contestations ont résonné, mardi après-midi le long du boulevard Montparnasse. Comme chaque année, le mois de novembre sonne le retour de la révolte estudiantine.  Lycéens et étudiants formaient le gros des 2 500 manifestants (8 000 selon les organisateurs, 2 900 selon la police) venus battre le pavé dès 14h30. A l’origine de leur colère, les réformes du système éducatif présentées par Luc Chatel, le remplaçant de Xavier Darcos au ministère de l’Education nationale et Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Juché sur un camion, microphone en main, Lucas scande les cris de rassemblement. Lycéen en Terminal ES au lycée Sophie Gerland dans le 4ème arrondissement de Paris, il est le porte parole de la FIDL , Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, l’un des principaux syndicats lycéen de France. « Concernant la réforme du baccalauréat, nous voulons par exemple le retour de l’Histoire-Géo comme matière obligatoire dans les programmes de Terminale et la revalorisation de la filière économique. », explique le jeune militant.

De l’autre coté de la rue, les étudiants se sont rassemblés pour faire cause commune avec leurs cadets. Passés à l’enseignement secondaire, ils manifestent principalement contre la suppression de poste chez les enseignants chercheurs et la rénovation des bâtiments dans les universités. « Avec plus de 900 postes supprimés l’année dernière, les établissements sont asphyxiés. », dénonce Anne Delbande, secrétaire générale de l’Unef. « Nous voulons un enseignement de qualité, dispensé dans des conditions optimales de travail. »

Le début d'une longue lutte

Autre sujet de discorde: la masterisation de l’IUFM. Déjà contestée au printemps, la réforme vise à recruter les professeurs au niveau master 2 (bac + 5). Alice redouble sa première année de formation au métier de maître d’école. Pour elle, le retour dans le cursus universitaire est synonyme de précarité et de déqualification. « Le nouveau diplôme sera plus basé sur les connaissances théoriques que sur la pratique pédagogique», s’indigne l’étudiante, pancarte en main. Avec moins de temps de stage, les futurs instituteurs redoutent de devenir des têtes pensantes incapables d’enseigner. Les candidats à l’IUFM craignent également que les établissements scolaires proposent des contrats de travail moins stables pour les étudiants qui réussissent le master sans être reçu au concours de fin d’étude.

Résolus à faire fléchir le gouvernement et obtenir un rendez-vous au ministère, les responsables du mouvement étudiant et lycéen ne comptent pas en rester là. « Aujourd’hui, c’est un tour de chauffe. On n’a pas encore prévu de suite, mais si le gouvernement ne répond pas à nos attentes, nous allons multiplier les manifestations. » assure Lucas. L’Unef a d’ores et déjà prévu pour vendredi une réunion intersyndicale. Les précédents soulèvements étudiants nous l’on prouvé, seul le froid pourrait entamer le moral de ces militants en herbe.

Source photo : L'Express

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Publié dans Société

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