| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Nicolas Sarkozy a lancé la polémique en
annonçant le week-end dernier, lors de sa visite officielle en Angleterre, qu'il comptait renforcer la présence militaire française en Afghanistan. Cette décision a provoqué l'indignation dans
les rangs de l'opposition, qui a déposé la première motion de censure à l'encontre du gouvernement. Elle lui reproche de ne pas avoir fait voter cette mesure qui constitue un véritable tournant
historique de la stratégie française. « Les droits actuels des parlementaires sont bafoués, on dévolue l'Assemblée, on l'humilie » a invectivé Jean-Marc Ayrault, patron des
députés PS. Il condamne également « un alignement sans contrepartie, sans garantie sur la politique américaine. » Le PS a pourtant peu d'espoir de voir aboutir cette motion de
censure, qui sera discuté le 8 avril, les députés UMP détenant la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
800 hommes supplémentaires devraient donc
rejoindre dès cet été les 1 700 soldats français déjà positionnés dans l'est du pays. Leur objectif principal est de prendre le commandement de la région centre de l'Afghanistan, où se situe
Kaboul, la capitale et assurer la sécurité de la population face aux nouvelles menaces des talibans. Paris a toutefois émis 3 conditions à un redéploiement de la force française en
Afghanistan. L'aide publique versée à Kaboul par l'OTAN doit être revue à la
hausse, un calendrier de prise en charge progressive du terrain par l'armée afghane doit être mis en place et tous les acteurs du conflit doivent s'engager à accroître leurs efforts. Cette
décision, désapprouvées par 68% des français, est estimée entre 150 et 200 millions d'euros par an selon le ministre de la Défense, Hervé Morin.
En apportant un soutien à l'armée américaine, Paris, espère s'attirer les bonnes grâces du président américain, George W
Bush, en vue de réintégrer la France au sein de l'OTAN.
L'hexagone retrouverait ainsi une importance de premier ordre dans la sécurité européenne et mondiale dans le cadre de la coopération internationale et s'octroierait par ailleurs une place
prédominante dans la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD). Bien que la plupart des membres du gouvernement sont favorable à un rapprochement avec l'OTAN, la gauche et le centre
sont sceptiques des bienfaits d'une telle union. François Bayrou déplore la perte d'autonomie de la France en matière de stratégie internationale. « Nous pouvons dire tout haut [aux
Etats-Unis] ce que beaucoup de nos alliés pensent tout bas », a déclaré Guy Tessier, le président (UMP) de la commission de la Défense de l'Assemblée Nationale. En réintégrant
l'Alliance atlantique, la France risquerait de perdre son indépendance stratégique, qui constitue une composante de l'exception française.
Source photo : le JDD