Victoire démocratique en Birmanie
Des cris de joie retentissent dans tout le pays à l’annonce des résultats des législatives partielles en Birmanie. La Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), parti mené par Aung San Suu Kyi, l’opposante au régime a assuré ce matin avoir emporté au moins 43 des 44 sièges qu’elle briguait, sur un total de 45 sièges à pourvoir. Vainqueur dans sa circonscription rurale de Kahwmu, la « Dame de Rangoun » n’a pas attendu l’officialisation des résultats pour saluer un « triomphe » et le « début d’une nouvelle ère dans laquelle le rôle du peuple dan la politique au quotidien sera accentué ».
Devenue députée, Aung San Suu Kyi peut maintenant tenter d’influencer le régime de l’intérieur. Quant à accepter un poste de ministre, la lauréate du prix Nobel de la paix a exprimer son refus. « Je n'ai pa aucune intention de quitter le parlement après avoir tant lutter pour l'intégrer », a-t-elle tranché vendredi, sans exclure néanmoins la possibilité d'un rôle de « conseiller spécial ».
Cette victoire est également une avancé stratégique pour le gouvernement. Les anciens militaires réformateurs arrivés au pouvoir il y a un an tentent de prouver que ses réformes politiques sont sincères afin d’obtenir la levée des sanctions occidentales qui étranglent l’économie du pays. Quels que soient les résultats, le pouvoir n'a rien à craindre de ces élections partielles. Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par l'ancienne junte, avait revendiqué environ 80 % des sièges en 2010. Et un quart des parlementaires sont, en vertu de la Constitution, des militaires d'active désignés en marge du processus électoral.
La position d’Aung San Suu Kyi est désormais délicate. Portant tous les espoirs du peuple sur ses épaules, elle va devoir réussir à établir son parti d’opposition au sein du parlement. Elle disposera donc d’une marche de manœuvre moindre que lorsqu’elle défiait directement la junte dans la rue, entourée de ses partisans.
Source photo : le Figaro